•   Je ne veux pas comprendre. Je veux juste entendre. Me saouler au rythme de la musique. Hurler des paroles que je ne comprends pas. Juste me défouler. Etre honnête avec moi-même et tous les autres. Je ne comprends pas. Je pense que je ne comprendrais jamais. Mais je veux quand même en profiter. A fond. Comme avec la musique. Me saouler à n’en plus finir. De cette vie, où je ne comprends rien. Mais je ne veux pas comprend. Je risque d’être déçue, si je comprends. Alors je veux juste crier les paroles qui n’ont pas de sens pour moi. Qui sont peut-être bêtes, naïves ou érotiques. Je veux juste être entraînée par le rythme. Sans comprendre. Juste profiter. A fond. Peut-être que je suis bête mais au moins je suis honnête. Je ne comprends pas. Je ne comprendrais jamais. Mais ce n’est pas grave. Je m’en fiche. C’est même mieux comme ça. Je l’aime. Sans la comprendre. Je l’aime. Je ne veux jamais la quitter. Je l’aime sans même comprendre pourquoi. Parce que moi, de toute façon, je ne comprends rien. Ni la vie, ni les gens, ni les problèmes de maths. Et alors ? Je les aime. Et alors ? Je veux profiter d’eux. Et alors ? Tu es jaloux ? Parce que toi, tu comprends. Ou tu ne comprends pas mais tu aimerais comprendre. Parce que tu n’arrives pas à les aimer. A profiter d’eux tout simplement. Sans chercher. Sans trouver. Juste en aimant.

                                                                                                                                  Alix

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  • Bon enfin, je poste (un vrai article). J'ai pas beaucoup de temps ce moment à vrai dire entre examens et festivals... donc voilà. 

     Ce texte est surement pas terrible, mais c'est la seule chose qui est sortie de ma tête. surtout que, en ce moment, je ne lis quasiment que les textes de Pho# (qui sont excellents, soit disant passant) et les blogs que des personnes qui passent par ici... Alix

     Elle est trop loin. Déjà trop loin. A un mètre de moi. Derrière une vitre. Déjà trop loin. Nous sommes séparés par 5 centimètres de verre. Mais elle est trop loin. Elle est toujours trop loin. Ne pourrait-elle pas rester dans mes bras pour l’éternité. Bientôt le train va démarrer. Bientôt elle sera à des kilomètres de moi. Loin. Trop loin. Pour que je puisse y survivre. Pourtant je lui ai promis. Elle est loin. Et je l’aime. Je veux rester. Mais non. Le train va partir. L’emmener au loin. Là où je ne pourrais, ni la voir, la sentir ou la toucher. Elle a promis qu’elle m’appellerait. Mais… si elle ne le faisait pas. Si je mourrais avant. Si je ne le supportais pas. Comment…

     

    Elle est loin. La distance s’accentue. Mais je l’aime. La distance ne cesse de croître. Ça y est. L’air me manque. La vie n’est plus qu’un champ de ruine qu’il faut absolument fuir. Quitter. Mourir. Ne plus respirer. Penser à elle. Elle. Toujours plus belle. Toujours parfaite. Toujours là. Mais, maintenant. Elle n’est pas là. Je l’aime. Où est-elle ? Où est ma belle princesse ? Ma douce lumière ? Ma vie ? Je veux la voir. La sentir. L’entendre. La toucher. La caresser. L’embrasser. Pour l’éternité.

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  •   Il regarde la pluie. Elle tombe. Sans s’attarder. Sans se précipiter. Avec une étrange fatalité. Il la regarde. En tremblant légèrement. Il l’observe s’écraser, goutte par goutte contre la surface lisse et transparente de la fenêtre. De temps en temps, il suit des yeux les gouttes descendre avec frénésie le long du verre parsemé d’obstacles liquides.

     Elle regarde la  pluie. Elle tombe. Chaque goutte percute avec violence le sol bétonné.  Elle la regarde. Avec une boule dans la gorge. Elle voit la baie vitrée où éclatent les minuscules quantités de liquide arrondie.  Avec industrialisme. Souvent, elle admire le sol, maintenant inondé, où les gouttes ne cessent de se jeter telles des obus prêt à exploser. Et les gouttes explosent. Provocant de petites explosions d’eau.

     

       Il regarde la pluie. Il tremble. Pourtant il n’a pas froid. Il tremble parce qu’il a peur de s’écraser. Comme la pluie. Petit à petit. Il ne veut pas s’écraser. Il lutte contre lui. Contre eux. Contre sa destinée. Il voudrait courir en dansant. Sentir les gouttes s’écraser sur lui. Rire. Chanter. Ne plus faire semblant. Ne plus avoir peur.

      Elle regarde la pluie. Elle a un nœud dans la gorge. Pourtant elle n’a pas peur. Elle a cette boule, ce nœud parce qu’elle voudrait exploser. Elle va exploser. Comme la pluie. Pour se montrer. Pour leur montrer. A tous. Elle voudrait qu’ils comprennent. Elle voudrait sauter dans les flaques à pieds joint. Voir la pluie exploser sur sa peau. Crier à en avoir mal au cœur. Fermer les yeux. Taper dans tous ce qu’elle voit. Exploser.

     

     Il regarde la pluie. Il ne peut pas aller la voir de plus près. Il ne peut pas. Tout simplement parce qu’il est au troisième étages d’un immeuble. Il ne veut pas descendre les escaliers quatre à quatre. Parce qu’il ne veut pas voir les regards accusateurs. Et devoir encore, faire semblant.

     Elle regarde la pluie. Elle ne peut pas aller la sentir contre elle. Elle ne peut pas. Tout simplement parce qu’elle n’arrêterait jamais de hurler. Elle ne veut pas ne pas s’arrêter. Parce qu’elle, justement elle veut profiter. Vivre. A en exploser.

     

     Alors, ils regardent la pluie. Ils pensent, ils espèrent, qu’elle pleure pour eux. Que le ciel, emplie de nuages, crie, pleure, râle, gronde, hurle, pour eux. Que le ciel fait tomber  des larmes sans sel pour montrer que l’acidité de leur chagrin ne peut même pas être comprit. 

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  •     Elle est là. Droite mais déçue. Raide mais penaude. Dure mais incomprise. Elle n’a pas l’air parfait, ni même l’air d’une petite fille que va se faire manger par un loup contrairement aux héroïnes des romans qu’elle aime lire. Non. Elle a juste l’air d’elle-même.

        

    Son regard fait le va-et-vient entre les yeux de ses interlocuteurs et ses pieds. Ses pieds rangés dans les bottes de cuir usé, humides de l’averse d’il y a quelques instants, quand elle était bien. Libre.

     Maintenant, elle est face à eux. Il cri. Elle pleure. Ils sont à  bout de nerf, ceux-là. Mais elle, elle ne dit rien. Elle attend. Le moment où ses deux géniteurs se calmeront. Là, il n’y a rien à faire. Elle le sait.

      En attendant, elle les détaille. Elle est grande, châtain avec des mèches rouges sang qui encadre son long visage mouillé de larme qui jaillissent sans cesse de ses yeux d’un puissant acier. Elle a un pull de laine grossière bleue. Un jean moulant ses jambes fatiguées de courir à droite et à gauche.  Les pantoufles qu’elle a aux pieds sont neuves d’une heure. Lui, il fait la même taille qu’elle. Son visage carré et dur, est doux malgré tout. Ses épaules trapues sont couvertes d’un manches-longues beige,  retroussé d’un côté. Il porte un pantalon large de vieille toile noire qui contraste son haut. A ses pieds, des chaussettes dépareillées.

     

      Maintenant, c’est lui qui pleure. Et elle qui crie. Toujours à bout de nerf. Elle, elle attend toujours. Elle regarde l’immense cuisiné moderne et trop propre dans laquelle ils se trouvent. Elle se dit qu’il manque du sel, qu’il faudrait en acheter. Elle se dit qu’il manque le fouet, inquiète, elle le cherche des yeux. S’inquiète de plus en plus. Si elle ne le trouve pas très vite, elle ne va pas pouvoir restée debout, immobile devant eux. C’est bon, elle l’a trouvé. Il est sur l’égouttoir entouré d’un grand saladier, d’une cuillère en bois, d’une cuillère à soupe,… Elle se dit qu’elle devrait le ranger, que quand même ils pourraient faire un effort. Elle voit le four allumé. Ca l’intrigue. Elle affine son regard. Une forme rectangulaire, arrondie vers le haut se détache dans la lumière jaune. Elle fronce les sourcils. Se demande. Fait circuler son regard. Il passe devant l’égouttoir. Revient dessus. Regarde le four, l’égouttoir, le four, l’égouttoir, la table où il reste de la poussière de farine, le four, l’égouttoir, la table, le four, la table, ses parents.

    Ils sont sur le point de pleurer.

    D’un seul coup, elle réentend la voix de sa mère qui claque telle un fouet sur sa joue. La voix rauque de son père reprend les reproches qui ressemblent plus à une plainte dans sa bouche. Elle entend :

    « Mais où tu étais ?... Nous étions inquiets… »

    Cette phrase résonne dans sa tête…

    Elle ré-regarde la table, le four, l’égouttoir. La phrase résonne toujours dans sa tête.

     

    Elle se plante sur ses deux pieds.

    Elle plonge son regard dans celui, vert, de son père. Puis ses yeux dans ceux, aciers de sa mère.

    Un silence tombe.

     

     Une demi-fraction de seconde après, elle saute en souriant dans les bras de ses parents.

    Elle se dit que c’est important « parents ». Maintenant, à ce moment précis, elle ressent réellement le sens du mot « parents ».

     Elle murmure un inaudible merci.

     

    Elle est bien là. Bien mieux, que tout à l’heure dans les rues aux mille et une maisons de pierres qui lui sont familières, sous la pluie, à brailler du NOIR DESIR à plein poumons, à sourire bêtement à un chat. A être heureuse, tout simplement, mais heureuse seule… 

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  • Bon voici un début d'histoire. En fait, je voulais l'écrire en entier (étonnant non?!) mais ... j'ai pas d'excuses... Donc voici le voici, n'hésitez à faire des remarques! -Alix

       Marie-Solange, experte comptable, je ne dirais pas mon âge.

       C’était ma dernière année de lycée, la terminale. J’étais contente de pouvoir enfin en finir avec le lycée et angoissée par le bac à la fin de l’année. J’étais dans une classe sympa. On s’entendait bien.

        Elle, elle était assez « intégrée » malgré son année de retard. Je pense qu’elle aimait bien venir en cours. Je ne la côtoyais pas de très près mais je suis quand même venue. Je ne n’ai pas hésité une seule seconde à venir. C’était normal, naturel, qu’elle ait une sorte de présence, ça ne pouvait pas être du soutient, pas par rapport à tout ce qu’elle avait vécue…

      

       Marthe, ex-prof d’SVT, retraitée.

       J’avais comme chaque année les Tles. On ne peut pas dire qu’ils étaient lus dynamiques que les autres classes mais ils n’étaient pas totalement à la traine. Ils étaient quasiment tous motivés par la réussite de leur bac. Chacun à leur manière.

       Elle, elle était redoublante, mais pas, comme on dit, nous autres, les profs, un « mauvais élément ». Je ne connaissais pas vraiment sa situation familiale mais je savais qu’elle n’était pas évidente. Quand c’est arrivé, je n’ai pas trop su comment réagir… De plus, le jour où ça se faisait, j’vais un mariage, je n’ai donc pas pu venir. Mais régulièrement, en cours, je lui demandais comment ça se passait et si ça allait bien. Je réalise aujourd’hui ma maladresse, évidement ça n’allait pas, j’aurais dû être plus à l’écoute.

     

      Luc, cadre, homme sans âge.

       Oh bien sûr que j’m’en souviens ! C’était quand même ma dernière année de lycée ! Et d’elle aussi je m’en souviens, vaguement… J’sortais avec une autre et elle n’était pas la plus belle, mais bon… Vous savez comme on est à cet âge…

       Elle, elle trainait avec Caroline, une beauté. A une fête, je les avais confondues. Puis elle était aussi avec Lucie, jolie, elle aussi. Autant dire qu’elle était bien entourée ! Elle avait malgré tout son charme. Quand l’événement  a eu lieu, je venais de me faire larguer, mais j’ai compris qu’elle était bien plus malheureuse que moi. Je voulais me rapprocher d’elle mais je n’ai eu le courage que de venir ce jour-là, en silence.

     

      François, ex-professeur de français, retraité.

      Les terminales. Oui, bien sûr !... Ils étaient bien gentils, de bonne humeur et près à croquer la vie à pleine dents ! Certains un peu soucieux par le baccalauréat. Je crois qu’ils l’ont tous eu. Une classe avec quelques cas en soucis familiaux mais ils étaient tous gentils.

     

       Elle. Elle, eh bien, elle avait du mal à se mettre à quelque chose. Elle était assez réservée, mais quand elle était lancée, rien ne pouvait l’arrêter ! Le drame a eu lieu en milieu d’année, en plein hiver. (Silence). Je suis venu ! Évidemment, il y a eu pas mal de personnes qui sont venues d’ailleurs, mais nous étions totalement impuissants…

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